Actualités de l'ong

Coopération Sud - Sud au Sahel

Echanges transfrontaliers pour mieux vaincre les fléaux de la terre

Une expérience de la décentralisation récente

Le Mali, le Niger et le Burkina Faso ont entamé leur processus de décentralisation depuis peu (10, 4 et 2 ans respectivement) et les élus des jeunes communes et des villages doivent faire face aux enjeux du développement de leur territoire.De plus en plus, ils sollicitent l’appui d’experts pour mener à bien leur nouvelle mission. SOS SAHEL soutient leur démarche et les aide à concevoir et mettre en œuvre leurs initiatives, en concertation avec les services déconcentrés des Etats sahéliens.

Aujourd’hui, fort de la dynamique ainsi développée avec ses partenaires et dans une optique d’efficacité, l’association souhaite fédérer les différentes actions de coopération décentralisée dans le secteur de l’eau et de l’assainissement en favorisant le partage d’expérience entre les jeunes communes sahéliennes, promouvoir une coopération Sud - Sud.

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Des élus burkinabés et nigérien à la rencontre des élus maliens de la bande du fleuve Niger

Dans cet objectif, une délégation composée de sept maires burkinabés (des communes de Zimtenga, Rollo, Guibaré, Tikaré, Rouko - situées dans la province du Bam, de Dédougou et de Boussé), du maire de la commune de Gorouol au Niger et du vice-président du Conseil régional de la province du Bam ont parcouru plus de 1000 kilomètres pour rencontrer les quatre maires de la Bande du fleuve Niger au Mali (communes de Rharous, Sereré, Banikane et Hanzakoma), du 29 avril au 3 mai 2008. Jérôme Froissard, directeur adjoint de la Coopération monégasque, partenaire de SOS SAHEL au Mali et le colonel Yannick Bersihand, directeur de la sécurité civile monégasque faisaient également partis de ce voyage d’étude.
Arrivés à Rharous au terme d’un long voyage d’une journée et demi, les élus ont été accueillis sous les meilleurs auspices : le ciel est gris, il pleut. Soulemane Ould Mohamed, le maire de Rharous s’en réjouit et rend grâce à Dieu, pour lui, la venue de la délégation est un signe. Un jour auparavant, la région subissait un soleil de plomb. Le ton de la rencontre est donné : « Aman Iman » en tamachek, langue des touaregs, « l’eau, c’est la vie ».

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Les élus sahéliens doivent faire face à de nouvelles responsabilités

Touchés par la venue de leurs comparses burkinabés et nigérien dans une zone souffrant cruellement de son enclavement, les représentants du Cercle de Gourma Rharous ont montré avec beaucoup de fierté les réalisations effectuées depuis leur mandature avec le soutient de SOS SAHEL. A Sereré par exemple, l’amélioration de l’accès à l’eau potable a quasiment éradiqué les maladies liées à l’eau.

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Lors de la visite du puits de la commune de Banikane, le maire de Dédougou, Gnami Valentin Konaté interroge Aboubacrine B. S. Maïga, maire de Banikane « en tant que maître d’ouvrage, connaissez-vous le coût de ce puits ? » lequel lui répond que « non » et lui explique que c’est parce que la sensibilisation à la gestion des points d’eau n’est que très récente. La question soulève la toile de fond du débat : l’appropriation de nouvelles responsabilités dans le cadre du processus de décentralisation par les communes. Aujourd’hui, les élus sahéliens doivent pouvoir planifier des actions, chercher des financements, lancer des appels d’offres, négocier des contrats auprès des entreprises… C’est dans ce but que SOS SAHEL a lancé le renforcement de l’approche communautaire et du suivi des comités de gestion des points d’eau en 2006, dans une logique de développement durable dans le Cercle de Gourma Rharous. Au Burkina Faso, les élus bénéficient également d’une consolidation de leurs capacités, à travers différents projets.

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Les élus manquent de moyens pour mener à bien leur mission

Si ces cadres de réformes permettent aujourd’hui aux communes maliennes, nigériennes et burkinabé de « s’ancrer dans la démocratie », Issa Ouermi, le maire de Rollo souligne également que « les difficultés ne manquent pas, les communes n’ont pas les moyens de leur ambition ». Amadou Moro Maiga, le maire de Gourouol explique qu’en quatre années, il n’a reçu aucun fonds provenant de l’Etat, et se demande «comment mener un plan de développement durable en s’appuyant uniquement sur les taxes locales ». Il faut prioriser. Tous s’accordent sur ce point. La difficulté principale réside alors dans la justification des projets choisis auprès de la population. Pour le maire de Rharous, cela revient à dire à l’un des habitants de sa commune « je comprends que tu aies soif, mais lui en souffre plus que toi ». De fait, les communes sont autonomes financièrement dans l’exécution de leur budget, mais le faible montant de celui-ci les conduit à rechercher des apports extérieurs pour supporter le développement du domaine de l’accès à l’eau et de l’assainissement en particulier.

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Faisant référence aux vingt années de la coopération décentralisée de la province du Bam avec le département de la Seine-Maritime, Sidi Oumar Adiarviakoye, le maire de Sereré interroge les élus de cette zone « mais quelle est la recette pour trouver des soutiens aussi fidèles ?! ». Il est important d’unir les efforts pour pouvoir solliciter plusieurs types de partenaires complémentaires, susceptibles d’appuyer leurs initiatives. Aux côtés de SOS SAHEL, de nombreux acteurs français de la coopération décentralisée s’engagent en apportant une contribution dynamique et efficace au secteur de l’eau et de l’assainissement au Sahel. L’ampleur des projets est renforcée grâce aux possibilités de cofinancements auprès des Conseils régionaux et généraux, du Ministère des Affaires étrangères, des partenaires privés…