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"Il faut voir sur place"

Dans le cadre des projets de coopération décentralisée menés au Burkina Faso, deux délégations se sont rendues, du 5 au 12 décembre 2010, à Dédougou et à Boussé pour voir les forages, les latrines réalisées et mesurer l’impact des projets sur les populations. L’une était composée d’élus de la commune de Douai, de représentants de l’Agence de l’Eau Artois Picardie et du SIADO (Syndicat Intercommunal d’Alimentation en Eau Potable de la Région de Douai), l’autre de 7 élus de la Communauté d’Agglomération de Cholet.

Pour plusieurs d’entre eux, c’était le premier contact avec l’Afrique. Ils ont pu voir sur le terrain les réalisations de ce projet qui consiste à renforcer les capacités des élus locaux et de responsabiliser les populations à une gestion durable des services d’eau, d’hygiène et d’assainissement dans les communes de Dédougou, de Boussé et dans la Province du Bam. Ils ont échangé avec les élus locaux, rencontré les villageois. Ils témoignent.

Chantal BRISABOIS, Adjointe au maire de Douai, chargée des Relations internationales :
« Nous avons constaté que les ouvrages étaient bien réalisés, les puits sécurisés, les Comités de villageois constitués. En rencontrant le maire de Dédougou, j’ai été frappée par l’implication de la mairie. Le poids de l’autorité municipale est très important pour rappeler aux familles de payer leur cotisation annuelle pour le service de l’Eau.... Nous sommes repartis avec le sentiment d’avoir fait oeuvre utile en partenariat avec la mairie de Dédougou. Ce que j’ai retenu, c’est l’enthousiasme des personnes que nous avons rencontrées. Ces populations sont particulièrement heureuses d’avoir un endroit où trouver l’eau potable sécurisée et sans soucis. Elles nous ont vraiment convaincus qu’elles étaient prêtes à prendre en charge quelque chose de très difficile, à savoir le changement de mentalité de leurs concitoyens. Après ce projet lancé en 2008, nous repartons pour un partenariat sur 3 ans, comprenant en plus de l’Eau et l’Assainissement, un système de warrantage et le développement de nouvelles technologies, un café internet...»

Guy SOURISSEAU , Maire de Mazières (990 habitants) Communauté d’agglomération de Cholet :
« La première fois. Il y a cinq ans, en signant la Charte de l’Amitié avec Laogo, je ne voyais pas trop la pertinence d’aller sur place, compte tenu de notre modeste participation. Je ne pensais pas qu’il y avait un aussi grand écart. Il est vraiment important de voir sur place. Ce qui m’a le plus frappé ? Le dénuement général et le manque d’équipement de la commune de Boussé et du village de Laogo : nous avons plus de moyens à Mazières pour un millier d’habitants qu’eux pour plus de 40 000 ! Et quelle chaleur dans l’accueil : les mots vont me manquer pour retransmettre à mes concitoyens comment nous avons été reçus ! »

Marc MAUPPIN, Maire de Nuaillé (1300 habitants) Communauté d’agglomération de Cholet :
« Une telle amabilité, y compris dans les discussions, est stupéfiante. J’ai fortement apprécié, c’était très positif. Les explications de SOS SAHEL ont bien montré l’avantage de s’impliquer dans un grand projet. J’ai été frappé du besoin de formation à apporter à une population à 80% analphabète. J’ai mesuré combien il faut convaincre les aînés à envoyer leurs enfants à l’école pour qu’ils se prennent eux-mêmes en charge. Le village de Kiendpalogho doit réparer une latrine et voudrait une plaque photovoltaïque pour l’école. Je pense qu’on peut les aider. J’ai vu qu’ils progressent. J’ai beaucoup appris. »