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La désertification
Un cercle vicieux
La désertification menace plus d'1 milliard de personnes dans le monde dont 180 millions de sahéliens.
L’ampleur du phénomène est en grande partie due au fait qu’une fois déclenché, le processus de désertification est un cercle vicieux. La dégradation est de plus en plus importante, jusqu’à provoquer des conséquences dramatiques... à moins d’une action pour rompre cette dynamique.
> En milieu rural, l’homme vit principalement de l’agriculture, c'est-à-dire de l’exploitation des ressources naturelles. Avec la croissance démographique, la pression exercée sur l’environnement augmente. Par nécessité, mais aussi parfois par méconnaissance et manque de réglementation, l’homme exploite mal et trop les ressources (surpâturage, mise en culture inappropriée, prélèvements excessifs, jachère insuffisante).
> L’équilibre naturel est altéré.
> Les terres se dégradent : l’écosystème se modifie, certaines espèces végétales se raréfient, les plus utilisées disparaissent.
> L’érosion, éolienne et hydrique, s’intensifie. Le sol, mis à nu, est moins protégé des vents et des précipitations violentes qui le nettoient de ses éléments nutritifs indispensables à la croissance des plantes. La surface se transforme en une sorte de croute.
> L’eau s’infiltre moins, les ruissellements augmentent, la nappe phréatique baisse. Ainsi, l’eau manque en saison sèche comme en saison des pluies.
> Avec la chaleur, l’irrigation des terres entraine aussi des problèmes de salinisation. L’eau s’évapore trop vite, elle n’a pas le temps de drainer le sel qu’elle contient dans les couches profondes du sol. Il reste en surface. Peu à peu, la terre devient stérile.
> Cette dégradation des sols entraîne une baisse des rendements agricoles. Pour obtenir les mêmes récoltes, les hommes doivent augmenter les surfaces cultivées. La terre s’épuise.
> La nourriture vient à manquer. Les hommes quittent alors les femmes et les enfants, pour migrer vers les villes ou vers l’Europe, en espérant trouver d’autres sources de revenus ( lire aussi "les femmes menacées") Parfois, c’est toute la famille qui s’exile pour vivre dans les bidonvilles des capitales.
> Les conséquences à plus grande échelle sont aussi importantes. Ce cycle pervers limite le développement des pays touchés. Il met également en péril la biodiversité et entraîne, avec la déforestation et la dégradation de sols, une augmentation de CO2 dans l’atmosphère. Enfin, économiquement les pertes liées à la désertification sont évaluées à 42 milliards de dollars par an.
Contrairement à une idée répandue, la sécheresse n’est pas l’élément déclencheur de la désertification. Elle est surtout un symptôme révélateur de la dégradation des terres et un facteur d’aggravation de celle-ci.




