La désertification

Les moyens de lutte

Les Sahéliens rivalisent de solutions ingénieuses pour lutter contre la désertification.

Des techniques traditionnelles, adaptées aux terrains, et surtout, qui ont fait leurs preuves.

Lutte contre l’érosion éolienne

Les Sahéliens utilisent des barrières végétales pour protéger le sol du vent : des haies brise-vent autour des champs, du clayonnage sur les dunes. Lorsqu’ils ne se servent pas de branchages, ils choisissent les plantes en fonction de leur résistance aux conditions d’extrême sévérité de climat et de sol (faible pluviométrie, vents violents et desséchants) et de leur intérêt économique.

Lutte contre l’érosion hydrique

Les hommes et femmes du Sahel aménagent des obstacles pour réduire la vitesse de ruissellement de l’eau de pluie. Cela limite le ravinement tout en favorisant l’infiltration vers les nappes phréatiques. Selon les pratiques locales et les types de terrain, ces « ralentisseurs » peuvent prendre la forme de cordons pierreux, de diguettes en terre ou de bandes enherbées. Une parcelle boisée peut aussi être implantée en amont de la zone traitée pour faciliter l’infiltration et pour éviter de nouveaux creusements de ravines. Pour favoriser la pousse des plantes, les villageois usent par ailleurs le paillage (étalage de paille sur le champ) et l’agriculture sans labour. > vidéo

Réhabilitation des terres

Elle se pratique là où les techniques précédentes ne suffisent plus. La plus connue s’appelle le zaï. Cette méthode traditionnelle du Burkina, consiste à creuser un trou qui recevra l’eau de pluie, du fumier puis des graines de mil. Sur un terrain en pente, les villageois mettent en place des demi-lunes. Ce sont des murets en forme d’arc de cercle placés en quinconce. Leur but est de capter les ruissellements d’eau pour alimenter un arbre planté au milieu et faciliter l’infiltration vers les nappes phréatiques.

Reboisement

Pour lutter contre le déboisement, les Sahéliens créent des réserves forestières à proximité des habitations. Tous les plants sont produits dans des pépinières villageoises. Ces ceintures vertes se composent surtout d’espèces présentant un intérêt économique : bois d’œuvre, gommier, espèces fruitières ou à intérêt médicinal. Les variétés difficiles à cultiver, qui s’installent spontanément dans les aires de culture ou de parcours, bénéficient par ailleurs d’une protection (contrôle des feux de brousse et des prédateurs.). Pour limiter leur consommation en bois, les femmes utilisent la technique du foyer amélioré. Elles économisent ainsi jusqu’à 20 % du bois de chauffe. > vidéo


« Un bon projet de lutte contre la désertification doit avant tout prendre en compte les facteurs socio-culturels de la région. La participation des acteurs locaux à toutes les étapes du projet, de la conception à l’évaluation finale, est un facteur indispensable. »
Blaise Soyir SOME, animateur de SOS SAHEL International Burkina Faso dans le département de Dissin.


Bibliothèque d'images

  • Les demi-lunes retiennent l'eau

  • La technique du Zaï au Burkina Faso

  • Demi-lunes

  • Les diguettes ralentissent le vent


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