Actualités du Sahel

Une crise alimentaire préoccupante

Plus de 7 millions de personnes souffrent de l’insécurité alimentaire dans la région. Les mauvaises récoltes et la croissance des prix des matières agricoles pourraient accentuer la crise en Afrique de l’Ouest.
Cela fait des mois que l’on en parle, sans que rien ne change vraiment dans la région du Sahel. La crise alimentaire que cette partie du monde traverse devrait d’ailleurs s’aggraver, selon toute vraisemblance, dans les prochains mois. Aujourd’hui, les estimations sont revues à la hausse avec une fourchette allant de 7 à 10 millions de personnes touchées par l’insécurité alimentaire dans la région.
Et aucun pays de la zone n’est épargné. Ainsi, les pays les plus touchés sont le Tchad, le Niger, le Mali et la Mauritanie, chacun d’entre eux essayant de mettre en place des politiques de lutte contre le phénomène. Mais la situation devient inquiétante dans certains autres pays comme le Sénégal, la Gambie et le Burkina-Faso.

Des causes diverses

Aujourd’hui plusieurs facteurs contribuent à cette situation. La première résulte d’une baisse globale des récoltes dans la région. La situation est d’ailleurs jugée comme assez grave par le gouvernement nigérien et le Programme alimentaire mondial (PAM) estimait fin octobre un déficit céréalier de 500.000 tonnes sur les récoltes en cours. Viennent s’ajouter à cela, les attaques d’insectes sur les céréales et le bétail qui meurt chaque jour, par manque de nourriture et d’eau.
Et la situation en 2012 pourrait s’accentuer par le manque de pluies dans cette région, mais aussi par la hausse des prix du riz au niveau mondial, baissant les volumes de riz importés par les pays de l’Afrique de l’Ouest. Et toutes les denrées alimentaires suivent une tendance identique, rendant impossible l’accès aux premières ressources alimentaires pour la majorité de la population. Enfin, près de 200.000 travailleurs migrants, qui envoyaient de l’argent depuis la Lybie et la Cote d’Ivoire sont rentrés dans leurs pays privant certains ménages d’entrées d’argent nécessaires à leur survie.

Une vision nécessaire à long terme

Pourtant, des politiques locales pour lutter contre ce fléau sont mises en place. Ainsi, les gouvernements travaillent de plus en plus avec les associations présentes sur place pour lutter contre la famine. Mais ces politiques et accompagnements à court terme devraient être suivis de mesures à plus long terme, ce qui semble difficile à mettre en place.
Car il commence à y avoir urgence pour trouver des solutions à long terme. En effet, l’un des principaux problèmes de fond dans la région reste la répétition des crises alimentaires, qui sont de plus en plus proches. Ainsi, le temps entre deux crises alimentaires au Sahel est passé de 10 à 5 ans en quelques années et de 5 à 2 ans entre les deux dernières crises alimentaires. Au final, la sécheresse de 2009, malgré les précipitations abondantes de 2010, a contraint les éleveurs et fermiers à vendre leurs bêtes et nourriture à l’époque, rendant la situation tendue aujourd’hui, ces mêmes populations n’ayant pas eu le temps nécessaire pour reconstituer leurs stocks. Un agenda qui laisse peu de temps aux pays pour refaire surface.

Estimation de la population vulnérable à l’insécurité alimentaire
6 millions de Nigériens
2,9 millions de Maliens
700.000 Mauritaniens
2 millions de Burkinabés