Actualités du Sahel

Des niveaux de récoltes inquiétants

Publié le 18/01/2012

Une campagne céréalière en forte baisse, une augmentation des prix dans la région et une baisse du pouvoir d’achat des Sahéliens rendent électrique la situation sur place.

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En septembre, USAID soulignait que les premiers relevés de pluviométries n’étaient pas trop inquiétants, le surstock de récoltes devant suffire pour nourrir tout le monde. C’était sans compter une pluviométrie quasi nulle en septembre et octobre 2011. USAID a donc relevé son niveau de vigilance en décembre indiquant ainsi qu’« une assistance ciblée sera nécessaire pour couvrir les besoins alimentaires entre mars et septembre 2012 ».
Un constat qui fait suite aux pluies faibles mais aussi aux attaques de nuisibles sur les récoltes, rendant la campagne 2011-2012 très problématique pour la région. Ainsi, le Comité permanent Inter-Etats de lutte contre la sécheresse dans le Sahel (CILSS) annonce une récolte céréalière de 55,45 millions de tonnes, en baisse de 8% par rapport à l’année précédente et en légère hausse de 4% par rapport à la moyenne des 5 dernières années.

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Une situation des plus préoccupantes car la zone du Sahel ne récolte seulement que 16,6 millions de tonnes de céréales soit une baisse de 25% par rapport à l’année précédente. Des chiffres inquiétants et surtout très hétérogènes avec des écarts importants selon les pays. Ainsi, le Tchad et la Mauritanie enregistrent une baisse respective de 50% et 52% par rapport à la campagne de production de l’année 2010-2011. Des poches de mauvaise production ont également été notées dans des régions entières du Niger, du Mali, du Burkina Faso, du Sénégal et de la Gambie.

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Une augmentation des prix dangereuse

Aujourd’hui la région du Sahel enregistre un déficit de 2,5 millions de tonnes alors que d’autres régions du continent bénéficient de surplus de production, notamment le Ghana, le Togo, le Nigéria et le Bénin. Il est donc essentiel qu’un transfert de denrées alimentaires des zones excédentaires vers celles déficitaires s’organise et sera ainsi déterminant pour l’accès aux aliments en quantité et à des prix abordables pour les populations vulnérables.
Car le prix de ces aliments ne cesse d’augmenter et les populations ne peuvent désormais plus y accéder facilement. Et ces prix pourraient continuer à grimper ces prochains mois. Or, dans ces zones, les ménages vulnérables ne pourront ni préserver leurs moyens de production, ni s’assurer d’une consommation alimentaire adéquate. Ainsi, pour acheter des aliments devenus plus chers (jusqu’à 40% de hausse par rapport à la moyenne depuis 2006), les paysans bradent leur bétail ou leurs semences, pour ceux qui en ont encore, mettant en péril leurs moyens de subsistance entre les deux périodes de culture (période de soudure).
Enfin, des phénomènes de transhumance continuent de se développer dans ces régions, les populations cherchant à nourrir leur bétail dans les endroits adéquates, ce qui risque, à terme, de créer des conflits dans les zones d’accueil (Delta du Niger, Gourma, lac Tchad)

Une situation tendue qui pourrait dégénérer rapidement, si rien n’est fait.