Actualités du Sahel

Des appels à l’aide de toute part

Que ce soit des organisations internationales ou des gouvernements eux mêmes, les demandes d’aides internationales se multiplient
Pour José Louis Fernandez, Coordonnateur régional du bureau de la FAO pour l’Afrique de l’Ouest et le Sahel, 70 millions de dollars seront nécessaires pour contrecarrer la crise alimentaire en 2012 dans le Sahel. Un chiffre qui fait bondir mais que les pays les plus touchés ne pourront pas apporter à la population. C’est pourquoi, fin novembre, les chefs d’Etat du Niger, du Sénégal et du Mali ont lancé un cri d’alarme et « appellent la communauté internationale à accompagner les Etats dans leurs efforts pour juguler la crise alimentaire ».
Les organisations internationales n’avaient pas attendu cet appel à l’aide pour prendre des dispositions pour faire face à cette crise. A commencer par l’Europe qui a dégagé 10 millions d’euros supplémentaires pour l’aide d’urgence dans la région, venant compléter les 45 millions déjà débloqués depuis le début de l’année. Et l’Europe souligne l’importance du geste en expliquant ainsi que « le service d'aide humanitaire et de protection civile (ECHO) de la Commission européenne a décidé d'accroître immédiatement son aide financière en faveur de la région africaine du Sahel afin de sauver la vie d'un demi-million de personnes dans le contexte d'une crise alimentaire en évolution rapide ».

Des initiatives toujours plus nombreuses

D’un point de vue international, le Fonds central des Nations Unies pour les interventions d'urgence (CERF) a octroyé, en novembre dernier, 6 millions de dollars à trois agences des Nations Unies afin qu'elles puissent lancer des interventions d'urgence pour répondre à la crise alimentaire au Niger.
Mais déjà l’Unicef annonce un chiffre sur les potentielles victimes de cette crise alimentaire qui pourrait toucher selon l’institution internationale plus d’un million d’enfants. Mais pour faire face à cette ampleur, l’Unicef estimait début décembre son besoin à « 65,7 millions de dollars afin de couvrir ses interventions en nutrition, santé et achat d’intrants thérapeutiques et de médicaments ». A titre d’exemple, ce serait près de 15 000 enfants touchés au Sénégal et au Tchad et environ 60 000 au Niger, si rien n’est fait.

Autant de chiffres qui pourraient gonfler encore les prochains mois face à la dégradation de la situation. Et pourtant la prévention est souvent le premier moyen de lutter contre une telle situation. Car comme le soulignait il y a quelques années, Jan Egeland, ancien coordonnateur des secours d’urgence des Nations Unies : le coût de la prévention de la malnutrition aiguë chez un enfant du Sahel était d’un dollar par jour en 2004 contre 80 dollars par jour en 2005. Des chiffres qui sont certes en forte hausse mais qui s’avèrent moins couteux que des actions d’urgence de grande ampleur et qui ne sont là que pour répondre à une crise.