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Conférence de Copenhague : un bilan décevant
Un Accord en deça des attentes
Bien loin des attentes suscitées par un sommet annoncé comme crucial pour l’avenir du monde, le texte présenté samedi 19 décembre à la séance plénière finale de la Conférence sur le climat des Nations Unies est considéré comme un échec dans tous les médias.
L’objectif de la 15e Conférence sur le climat était la signature d’un nouveau traité international pour succéder au protocole de Kyoto, incluant les Etats-Unis et les pays émergents.
Négocié dans sa version finale en petit comité essentiellement par les Etats-Unis, la Chine, l’Inde, le Brésil et l’Afrique du Sud, l’« Accord de Copenhague » a été présenté « pour information » à la Conférence, qui, après discussion, en a pris « note ». Un texte non contraignant donc, de 3 pages, aux implications juridiques floues puisqu’il n’est pas signé et n’a pas caractère de traité. Certains pays ont d’ores et déjà annoncé qu’ils ne le signeraient pas et l’Union Européenne n’a accepté l’accord qu’avec réticence.
Un texte sans contrainte
Si l’accord de Copenhague limite à 2°C la hausse globale des températures d’ici à 2020, aucun objectif de réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES) n’a été fixé. Il invite à une « coopération » pour fixer un seuil limite des émissions « aussi tôt que possible ». L’accord enjoint les Etats parties au Protocole de Kyoto à indiquer avant le 31 janvier 2010 leur objectif en matière de réduction de GES d’ici 2020, et les autres pays signataires de l’Accord de Copenhague à communiquer les actions qu’ils comptent mettre en œuvre pour atténuer les leurs.
L’Union Européenne a annoncé le maintien de ses objectifs de réduction de GES de 20% d’ici à 2020 et 80% à l’échéance 2050. Pour leur part, les Etats-Unis se sont fixé comme objectif une baisse d’émissions de 4% d’ici 2020 par rapport à 1990.
Selon un calcul de l’ONU, l’addition des intentions déclarées faites à ce jour en matière de réduction des GES conduirait à une hausse de la température moyenne de la planète de 3°C, soit bien au-delà de l’objectif des 2°C inscrit dans l’Accord.
D’autre part, aucun mécanisme de vérification des engagements pris par les Etats n’a été mis en place. Le texte précise seulement que les Etats devront rendre compte de leurs actions de réduction de GES tous les deux ans devant les Nations Unies. Il s’agit toutefois d’un premier pas vers la participation des pays du Sud à un régime général de réduction des émissions de CO2, sur une base volontaire.
Aides financières aux pays en développement
Quelques points positifs ressortent cependant de cet accord, avec notamment la mise en place d’un mécanisme de financement destiné à aider les pays les plus vulnérables à s’adapter aux changements climatiques.
Les pays développés sont en effet considérés comme les responsables historiques du réchauffement climatique (Convention-Cadre des Nations Unies sur les Changements Climatiques, 1992) et donc comme ayant une obligation morale à aider les pays pauvres dans leur adaptation à ces changements climatiques.
Ainsi, l’Accord prévoit la création d’un fonds spécial, le « Copenhague Green Climate Fund », et la mobilisation de 30 milliards de dollars d’ici à 2012. Les chefs d’Etat et de gouvernement se sont également mis d’accord pour débloquer 100 milliards de dollars par an d’aide aux pays pauvres à compter de 2020.
Les négociations sur l’avenir des forêts tropicales ont abouties à la reconnaissance du « rôle crucial » de la réduction des « émissions dues à la déforestation et à la dégradation des forêts, et [de] la nécessité d’améliorer l’élimination de GES par les forêts ». Le mécanisme de lutte contre la déforestation « REDD plus » (Reducing emissions from deforestation and degradation), destiné à rémunérer les pays qui protègent leurs forêts a été validé, mais sans accord spécifique sur son financement.
Affaire à suivre
A son retour de la Conférence de Copenhague, le Secrétaire général des Nations Unies, M. Ban Ki-Moon, a appelé les dirigeants du monde à « s’engager directement dans la recherche d’un traité mondial légalement contraignant sur le réchauffement climatique en 2010 » (AFP).
Les Etats doivent se réunir à Bonn en juin 2010 pour faire le point et préparer la prochaine Conférence sur le Climat, qui se tiendra à Mexico en décembre 2010. Un réexamen global de l’accord est prévu en 2015.
Sources : AFP, Le Monde.
> Le site officiel de la Conférence des Nations Unies sur le Changement Climatique




