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Actualités

31/03/2014

Témoignage : Les productrices de Karité de l’Union de Yiriwasso au Mali.

Pour les populations des communes de Sanankoroba, Bougoula et Dialakoroba, dans la région de Koulikouro dans le sud du Mali, les activités agricoles traditionnelles ne permettent plus aujourd’hui de satisfaire les besoins de leurs familles. Les habitants de la région pratiquent une agriculture de subsistance qui leur permet tout juste de couvrir leurs besoins alimentaires et sont obligés de diversifier leurs activités pour dégager des revenus suffisants pour leurs familles.

Sita Coulibaly - Présidente de la coopérative de Bougoula

Malheureusement, les opportunités sont réduites. La coupe de bois de chauffe notamment, destiné au marché urbain de Bamako, offre des perspectives de revenu intéressantes pour la population des trois communes. Elle est pratiquée toute l’année car elle constitue une source de revenus pour les familles et prend des proportions considérables en saison sèche, lorsque les travaux agricoles sont terminés. Toutefois, cette activité essentiellement effectuée par les femmes et les jeunes hommes, produit un impact particulièrement néfaste sur l’environnement local, et même national.

C’est pourquoi, dans cette région, SOS SAHEL étudie avec les acteurs locaux, notamment les femmes, des solutions alternatives à la coupe du bois qui pourront satisfaire durablement leurs besoins. De cette façon, l’impact de l’action est double: d’une part, elle contribue à réduire la pression exercée sur les ressources naturelles de la région, d’autre part elle permet aux populations d’ouvrir de nouvelles perspectives économiques de développement dans leurs communes.

Les productrices de karité de l’Union de Yiriwasso, qui regroupe les coopératives des trois communes sont au cœur de ce projet.

« Dans notre région, les arbres de karité sont nombreux. Nous pouvons récolter leurs noix et en transformer leurs amandes en beurre ou en savon. Néanmoins, cette ressource pourtant abondante n’était pas vraiment exploitée. Nos techniques de récolte et d’extraction du beurre n’étaient pas optimales et nous avions du mal à produire un beurre de bonne qualité avec un rendement de travail efficace. Pour beaucoup de femmes de la région, la production de beurre et de savon était déjà une activité parallèle aux activités champêtres, mais elles devaient compléter leurs revenus par la coupe de bois.

SOS SAHEL s’est engagée à nos côtés pour trouver des solutions durables à ce problème qui touchait toute la région. D’abord, nous nous sommes organisées : les coopératives dans chaque commune récoltent les noix qui sont ensuite transformées au niveau de l’Union. De cette façon, nous pouvons contrôler la qualité des produits. Grâce à SOS SAHEL, nos capacités de production ont été améliorées : des nouveaux bâtiments ont été construits, notamment des hangars pour faire sécher les noix de karité dans de bonnes conditions. Nous avons appris à mieux récolter les noix et à les faire sécher dans de bonnes conditions. Nous avons été équipées de nouvelles machines pour le barattage et le tri des noix qui allègent la pénibilité de notre travail et améliorent la qualité du beurre. Les nombreuses formations en techniques de vente et en gestion auxquelles nous avons participé nous permettent de mieux stocker, de mieux vendre et d’assurer la pérennité de notre activité professionnelle.

Aujourd’hui, nos principaux clients sont les habitants de la région, mais nous exportons également beaucoup de nos produits à Bamako et même au Sénégal.

Pour les 525 femmes membres de l’Union, les bénéfices de l’action menée avec SOS SAHEL sont importants. Sur le marché, 40 kg d’amandes récoltées de manière traditionnelle rapportent 4 000 FCFA (6 €). En utilisant nos nouveaux moyens de récolte, ces 40 kg nous rapportent 5 000 FCFA (7,6 €).

Cette année, nous avons récolté plus de 21 tonnes, soit une augmentation de 850€.

Grâce à ces revenus supplémentaires, les femmes disposent désormais de meilleurs moyens pour s’occuper de leurs familles, notamment de l’éducation de leurs enfants. Par exemple, l’une d’entre nous a pu acheter un vélo à son fils pour qu’il ne fasse plus les 7 km qui le séparent de l’école à pieds. Aujourd’hui, nous sommes également mieux intégrées dans nos villages et mieux reconnues également. Nous sommes devenues de vrais acteurs économiques, et nous sommes fières de participer au développement de nos communautés ».

Propos recueillis auprès de la Présidente de l’Union de Yiriwasso, des Présidentes des coopératives de Bougoula, et de Dialakoroba, la Gestionnaire du centre de vente du beurre de karité et de la Chargée de commercialisation de l’Union.


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