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Actualités

20/11/2014

Témoignage : la « grande entente » à Sanankoroba

Au Mali, la vie associative locale est très développée. Le Ben-Ba en est une illustration exemplaire : cette association qui réunit soixante villages de la zone de Sanankoroba mène depuis plus de dix ans des projets de développement local.

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« Le Ben-Ba existe depuis 2001. Au départ, c’était une simple association de village, mais très vite, les villages alentour ont compris l’interêt de travailler ensemble et d’intégrer ce que l’on appelait à l’époque le « cercle de l’amitié ». L’idée était de partager nos expériences, notamment dans le domaine agricole, de se former, et de tirer profit des réussites des uns et des autres.

Peu à peu, notre dynamisme a séduit des partenaires qui souhaitaient s’associer à ce que l’on appelait désormais le Ben-Ba, « la grande entente ». SOS SAHEL était l’un d’entre eux. Les premières collaborations ont commencé à voir le jour. Avec SOS SAHEL, nous avons souhaité mettre en oeuvre un projet ambitieux : pour limiter la coupe du bois et préserver notre environnement, il fallait détourner les villageois du déboisement en améliorant leurs revenus et leurs conditions de vie. Les femmes productrices de karité, les producteurs de bananes et les éleveurs ont été équipés (matériel, infrastructures, etc.) et formés. Des séances de sensibilisation ont été mises en place, notamment grâce à notre radio locale que nous animons 24h/24.

Notre travail en commun a été une vraie réussite et a permis notamment d’éveiller les consciences : nous avons su tirer parti de notre expérience avec SOS SAHEL. Aujourd’hui, dans la zone de Sanankoroba, la réglementation concernant la coupe du bois est très stricte. Dans la commune de Bougoula par exemple, il existe une forêt protégée de 50 ha. Les élus locaux, avec lesquels nous collaborons activement, sont très engagés dans nos projets et nous permettent d’inscrire nos actions dans le long terme.

Aujourd’hui, notre association est bien implantée et reconnue par la population mais les défis restent importants. Nous sommes plus que jamais déterminés à mettre en oeuvre notre philosophie première : « aidez-nous à nous passer de l’aide ».

Avec la crise de 2012, la plupart des partenaires sont partis. Nous avons été obligés de nous adapter, d’absorber nous mêmes les chocs. Dès 2008, nous avions créé une caisse pour financer les activités, notamment agricoles, de la région. Prêter aux groupements de producteurs, aux villages, aux familles... cette caisse nous a permis de continuer nos activités et de perdurer sur le terrain, auprès des villageois. En 2013, 514 personnes ont pu financer leurs projets grâce aux fonds réunis par le Ben-Ba.

Le warrantage*, que nous sommes en train de mettre en place dans nos communes avec le soutien de SOS SAHEL est entièrement financé par cette caisse. Grâce aux formations qui nous ont été délivrées par les équipes de SOS SAHEL, nous sommes aujourd’hui capables de déployer le dispositif sur toute la zone. Cette année est la première, mais la population est d’ores et déjà séduite par le concept et les magasins de stockage commencent à se remplir.

Après les moments difficiles que nous avons vécus ces derniers mois, nous attendons beaucoup du warrantage pour augmenter les revenus des producteurs de la région, sécuriser nos stocks et garantir la sécurité alimentaire dans la région. »

 

Ces propos ont été recueillis auprès de : Adama Maliko, secrétaire général du conseil d’administration de la caisse du Ben-Ba ; Alfa Coulibaly, vice-président du Ben-Ba ; Dramane Traore et Souleimane Konate, coordinateurs du Ben-Ba.

 

*les producteurs obtiennent un crédit d’une institution de financements, en mettant en garantie un stock de produits agricoles dans un magasin de stockage approprié.