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Actualités

19/04/2016

Les pays Sahéliens mobilisés pour la Faim Zéro

Cent cinquante représentants de gouvernements sahéliens et ouest-africains, d’organisations inter-gouvernementales, de producteurs agricoles, de la société civile et du secteur privé, de partenaires techniques et financiers, de banques régionales et internationales, d’ONG, dont SOS SAHEL se sont réunis à Paris du 13 au 15 avril 2016 pour la Réunion restreinte du Réseau de prévention des crises alimentaires (RPCA). Le 15 avril, le RPCA a également accueilli une session du Groupe d'experts seniors de l'Alliance Globale pour l'Initiative Résilience - Sahel et Afrique de l'Ouest (SEG-AGIR).

Un tableau détaillé de la situation a été dressé.

Au Sahel, des récoltes satisfaisantes, mais …

Les productions céréalières sont en hausse de 13% par rapport à la moyenne des cinq dernières années (2010-2014). Mais, des baisses de production sont enregistrées au Burkina Faso (-7%)  et au Tchad (-9%) par rapport à la moyenne quinquennale.

Les ressources naturelles disponibles (fourrage et eau) ont pour l’instant permis de maintenir les troupeaux des éleveurs. Cependant, au Niger et au Tchad notamment, le tapis herbacé, les disponibilités du fourrage et les conditions d’abreuvement commencent déjà à se dégrader, en avance par rapport aux années précédentes.

La situation nutritionnelle reste préoccupante.

Le Sahel est encore sous le choc de quatre crises alimentaires et nutritionnelles consécutives (2005, 2008, 2010 et 2012). De nombreux foyers vulnérables ont du mal à s'en remettre. Environ 20 % de la population – soit, 32 millions de personnes (source UE) – sont considérés comme extrêmement pauvres.

Dans certaines régions du Burkina Faso, du Mali, de la Mauritanie, du Niger, du Sénégal, du Tchad, la malnutrition aiguë globale dépasse déjà les  seuils d’alerte ou d’urgence. En Ethiopie, plus de 10 millions de personnes sont aujourd'hui menacées par une crise alimentaire imminente.

Comme chaque année, la période de soudure va être cruciale en attendant la prochaine récolte.

Environ 5,9 millions d’enfants âgés de moins de cinq ans risquent de souffrir de la malnutrition aigüe globale en 2016 dont 1,9 million dans sa forme sévère en Afrique de l’Ouest si les mesures adéquates ne sont pas prises.

Au Tchad notamment, la situation a partout empiré en comparaison avec les chiffres de l’année dernière, à la même période. 12 régions sur 20 affichent un taux dépassant le seuil d’urgence.

On redoute une hausse des prix des denrées alimentaires de base d’ici la période de soudure.

Répondre à l’urgence en garantissant des progrès structurels.

Au-delà de l'urgence, il reste essentiel de s’attaquer aux causes profondes de l’insécurité alimentaire et de la malnutrition et de renforcer la résilience des populations les plus pauvres. C'est l'objectif primordial de SOS SAHEL.

Au Tchad, par exemple, les populations du Kanem doivent leur survie aux ouadis (lits de rivière asséchés). Comme les familles les plus pauvres n’ont pas de droit de propriété sur ces terres, elles ne peuvent pas produire la nourriture nécessaire à un régime alimentaire équilibré : dans la plupart des familles, un enfant sur 3 reste ainsi malnutri.

SOS SAHEL agit sur plusieurs leviers pour répondre à la fois à l’urgence et installer des systèmes agricoles durables :

  • Initier des cultures de contre saison (117 ha de jardins maraichers ont été aménagés), favoriser le stockage et la transformation des aliments et multiplier les bonnes pratiques nutritionnelles  au cœur des villages.
  • Permettre l'accès à la terre des ouadis pour les populations les plus pauvres avec de meilleures techniques agricoles.

En associant les chefs traditionnels et les minorités habituellement peu consultées telles que les femmes  dans une gestion consensuelle des ouadis, les populations les plus défavorisées vont pouvoir en plus grand nombre bénéficier des ressources des ouadis sur le long terme.

Faire progresser l’initiative AGIR

Ce type d’action est directement en lien avec les objectifs d'AGIR pour renforcer la résilience des pays du Sahel et d'Afrique de l'Ouest face aux crises alimentaires et nutritionnelles récurrentes. Si les interventions d’urgence sont indispensables, comme en 2005,2010,et 2012-13 pour sauver des vies , il est prioritaire de combler le fossé entre aide humanitaire et aide au développement.

La feuille de route régionale d'AGIR  doit maintenant se traduire en actions et en programmes concrets au niveau des différents pays.

Pour Salifou Ouedraogo, Directeur de SOS SAHEL pour l'Afrique de l'Ouest, qui participait à ces réunions « les gouvernements sont a l’écoute des propositions et des expertises émanant du terrain. La volonté politique existe, elle est indéniable. AGIR n’est pas une initiative isolée, elle répond aux mêmes objectifs que ceux de l’Union africaine (Agenda 2063). Tous les efforts convergent vers le Faim Zéro en 2025. Avec ses 40 ans d'expérience sur le terrain , SOS SAHEL est en mesure de déployer des actions à grande échelle qui ont prouvé leur efficacité. Voilà le message que nous sommes venus porter à Paris. »