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Actualités

17/05/2013

La récolte de l'oignon a commencé!

Dans les pays du Sahel, la sécurité alimentaire est une préoccupation constante. Pour réduire les risques et permettre aux populations d’absorber les chocs en cas de crise, SOS SAHEL encourage la diversification des productions pour assurer aux familles une alimentation suffisante et de qualité et améliorer leurs revenus.

Dans le département de Pibaoré, dans la province du Samatenga au Burkina Faso, la récolte des oignons a commencé ! Dès 8h du matin, dans le périmètre maraîcher, près de 80 femmes se retrouvent, encadrées par les équipes de SOS SAHEL, autour de leurs parcelles pour commencer la récolte.

Une denrée alimentaire précieuse

L’oignon est un produit de consommation courante dans les pays du Sahel où il représente 10 à 25 % de la consommation de légumes. Le Burkina Faso se situe au 4ème rang des pays producteurs d’oignon en Afrique de l’Ouest après le Nigeria, le Niger, et le Sénégal.

Présent dans la plupart des plats traditionnels, il est principalement utilisé dans la fabrication des sauces et même dégusté comme légume seul.

Au niveau du ménage, la culture de l’oignon constitue également une source importante de revenus. A la vente, les recettes peuvent dépasser de deux fois le prix du maïs, pouvant atteindre, lorsque les marchés sont les plus favorables, 100 000 FCFA (environ 150 euros) par sac de 100 kg.

Une production nationale encouragée par SOS SAHEL

Conscients de la valeur à la fois alimentaire et financière de cette ressource, SOS SAHEL engage au Burkina Faso des projets de développement qui visent à promouvoir les périmètres maraîchers et la production de denrées maraîchères. L’objectif global ? Permettre aux producteurs de mener une activité efficace pour parer aux effets néfastes de la période de soudure*.

En développant une culture parallèle à la culture des céréales, les producteurs sont ainsi plus à même d’absorber les chocs grâce à la consommation ou la vente de leur stock en cas de crise alimentaire ou climatique.

« Nous avons reçu de nombreuses formations de la part de SOS SAHEL, pour nous apprendre à gérer au mieux nos parcelles maraîchères. Il était très important notamment d’apprendre à organiser notre calendrier de récolte, en alternant entre culture du maïs, du chou, du piment et des oignons, afin que nos terres soient exploitées toute l’année. De cette façon, nos revenus et notre consommation est assurée toute l’année durant », explique Marie Ouedraogo, Présidente du comité de gestion du périmètre maraîcher.

Des enjeux persistants

Pour autant, la culture de l’oignon souffre encore de problèmes majeurs, notamment liés à la commercialisation et la conservation. Ces deux problèmes sont en réalité liés. En effet, l'essentiel de la production se fait durant les mois de mars, avril et mai. A l’issue la récolte, le marché est inondé, entrainant parfois une baisse des prix de plus de 75% par rapport à la période de pénurie (août/septembre), plus propice à la vente. 

La faute principalement aux difficultés liées à la conservation du produit. Certes, la transformation pourrait être une alternative. Celle-ci est le plus souvent traditionnelle mais ne permet pas d’ajouter de la valeur au produit et constitue plutôt une forme d’élimination des surplus de production de moyenne qualité.

Toutefois, la commercialisation brute, sur les marchés intérieurs, reste la méthode la plus employée pour écouler les stocks. La fluctuation des prix constitue alors une menace réelle, d’autant plus que, lorsqu’ils refusent de « brader » leurs productions, les producteurs ont souvent des pertes qui peuvent atteindre jusqu’à 40% par manque d’une conservation efficace.

 

* La « soudure » est la période qui sépare la fin de la consommation de la récolte de l'année précédente et l'épuisement des réserves des greniers, de la récolte suivante. C'est la durée de la période de soudure qui détermine l'acuité de la crise alimentaire. Elle dure « habituellement » de juin à septembre.