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Actualités

24/11/2014

Investir pour contrer les crises

TRIBUNE - Rémi Hémeryck, Délégué Général de SOS SAHEL

A New York, les autorités politiques décident de mettre en quarantaine une infirmière de retour d’Afrique de l’Ouest partie soigner les malades d’Ebola. La presse abonde de flash infos sur le médecin ayant contracté la maladie et hospitalisé. La ville est prise de terreur : le Dr Craig Spencer avait utilisé le métro pour se rendre à l’hôpital Bellevue.

Pendant ce temps, au Libéria, en Sierra Leone et en Guinée, la maladie s’étend, faisant près de 5 000 victimes selon les estimations de l’Organisation Mondiale de la Santé. Avec un système de santé délabré, des hôpitaux mouroirs et si peu de personnel qualifié (en moyenne moins de 1 médecin pour 10 000 habitants dans la région), les Libériens, les Sierra Leonais et les Guinéens luttent farouchement au quotidien contre la maladie effroyable accompagnés d’humanitaires formés dans l’urgence pour affronter le fléau.

Pour une fois, le Sahel n’est pas au centre de la crise. Même si Ebola constitue également une menace sérieuse pour les pays voisins, des dispositions ont été prises pour limiter les risques de propagation de l’épidémie au Sénégal et au Mali notamment. Mais un autre fléau, la lente propagation des mouvements terroristes, menace les territoires et les populations. La pauvreté persistante, le manque d’éducation et l’absence de perspectives dans les pays fragilisés, ont contribué petit à petit à la radicalisation. Une fois de plus, le plus grand nombre de victimes se trouvent dans les États du Sahel.

À l’origine de ces deux violentes crises, les mêmes maux : l’absence d’investissement significatif pour le développement ou l’usage parfois inapproprié des ressources sur des domaines prioritaires, avec pour conséquences une grande pauvreté et l’absence de perspectives pour les jeunes qui représentent près des deux-tiers de la population.

À Ouagadougou, les 28 et 30 octobre, la jeunesse est descendue dans la rue, rejetant un pouvoir usé par la durée et militant pour un meilleur avenir. Forts de leur détermination, les burkinabè ont su montrer leur cohésion en édifiant la charte de la transition jusqu’aux prochaines élections présidentielles prévues pour novembre 2015.

Ils l’ont prouvé : aujourd’hui, il est urgent d’investir sur le long terme et de favoriser le développement économique et social de l’Afrique, afin de permettre aux nouvelles générations de mieux vivre. Ce développement, il doit s’appuyer sur les ressources humaines qualifiées et motivées qui existent aujourd’hui. Il doit également valoriser les nombreux potentiels des ressources naturelles dont regorge le continent. La formation professionnelle des jeunes, orientés dans des métiers indispensables au développement comme l’agriculture et la santé, doit être au coeur des politiques africaines. Enfin, les secteurs productifs et innovants, comme l’environnement ou l’industrie de transformation, doivent être développés pour assurer aux États du Sahel des ressources durables et soutenir la mutation économique en cours au profit des populations sahéliennes.